top of page
PHOTO UNE-2.PNG

Blog en mémoire de mon grand-père requis du travail forcé en Allemagne nazie de mars 1943 à mai 1945

Rapport de la Préfecture de la Côte-d'Or et des Renseignements généraux sur les départs du 10 mars 1943

Dernière mise à jour : 7 avr. 2024

Les départs des jeunes requis faisaient l'objet de rapports circonstanciés des services de police et des préfectures au ministère de l'intérieur et au gouvernement. Voici le rapport des Renseignements généraux sur les départs du 10 mars 1943, jour où mon grand-père est parti de Dijon pour l'Allemagne, ainsi que la note du Préfet délégué de la Côte-d'Or adressé au Chef du Gouvernement.


Note du Préfet délégué de la Côte-d'Or au Chef du Gouvernement du 16 mars 1943 (Archives départementales de la Côte-d'Or)


Le 10 mars 1943, ce sont 2 500 jeunes qui sont partis en 3 convois. La note des Renseignements généraux mentionne que lors du départ du 1er convoi, "des cris séditieux ont été poussés contre le Président Laval et beaucoup d'entre eux avaient le poing tendu. La feldgendarmerie assurait l'ordre." Les deux autres départs se sont déroulés dans le calme


Note de l'Inspecteur des Renseignements généraux du 11 mar 1943 (Archives départementales de la Côte-d'Or)

Ces détails d'ambiance sont repris dans la note du Préfet délégué de la Côte-d'Or, Henry Soum, du 16 mars 1943 adressée au Chef du Gouvernement. Il écrit :


"j'ai l'honneur de porter à votre connaissance que le passage à DIJON de nombreux jeunes gens recensés pour aller travailler en ALLEMAGNE a provoqué, ces jours derniers, quelques incidents et manifestations, d'ailleurs sans gravité, tant en ville qu'à la gare.


C'est ainsi qu'à plusieurs repris, les 9, 10 et 11 mars, ces jeunes gens, formés en colonne et se rendant sous escorte du Centre d'hébergement à la gare ont, au cours du trajet, entonné des chansons de route ; des propos désapprobateurs et parfois grossiers ont été proférés à l'adresse du Chef du Gouvernement.


A la gare, au passage des trains à destination de l'Allemagne, ces mêmes cris séditieux ont été répétés, des inscriptions subversives ayant trait au même objet avaient été faites à la craie sur plusieurs wagons. L'intervention de la Feldgendarmerie a mis un terme à ces manifestations."


Élargissant son propos au-delà de la question des départs de jeunes requis, le préfet délégué ajoute :


"J'appelle enfin votre attention sur des manifestations d'hostilité qui ont eu lieu dans plusieurs des grands cinémas de la ville, lors de la projection de la bande qui représente M. LAVAL exposant, de son Cabinet, les grands arguments de sa politique ; dès l'apparition de la personne du Chef du Gouvernement, des toussotements se sont fait entendre de toutes parts dans la salle ; il n'y a eu cependant ni cris ni sifflements ni aucun autre mode de manifestation. Depuis le changement de programme hebdomadaire et la disparition du film en question, ces manifestations ne se sont plus renouvelées."



Comentarios


bottom of page