« Monsieur le Maire,… »
- Manuel DEMOUGEOT
- 21 juil. 2024
- 1 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 juil. 2024
Signe que le pouvoir politique français est considéré comme un rouage actif du processus de réquisition, des citoyens s’adressent directement au maire pour lui demander que des jeunes ne soient pas envoyés en Allemagne. Deux exemples ici avec deux lettres adressées au maire de Beaune de l’époque, Roger Duchet et retrouvées aux Archives municipales.
La première, datée du 30 novembre 1942, émane d’une des plus anciennes et importantes maisons de négoce viticole de Beaune. Elle demande au maire l’annulation de la désignation d’un de ses manœuvres pour le départ en Allemagne.

La seconde, sans date sinon la mention « Mercredi », émane d’une « pauvre maman », comme elle l’écrit elle-même. Son second fils doit partir pour l’Allemagne. Elle fait part au maire de Beaune de son sentiment d’injustice : injustice alors que son premier fils est mort pour la France ; injustice parce que son mari est malade ; injustice parce que d’autres jeunes « se pavaneront » dans Beaune (j’ai corrigé les fautes d’orthographe pour une meilleure compréhension) :
« Pensez-vous que ce soit juste que mon 2e fils parte pendant que des fils à papa de Messieurs X-XX- se pavaneront dans Beaune. Notre 1er gars mort pour la France à 22 ans. Le 2e part pour l’Allemagne à 21 ans. Leur père sur le lit voilà 35 jours. Vous qui êtes père, croyez-vous que ce soit le départ de son 2e fils qui va le remettre. Si encore il y avait de la justice. Que ce soit tous. Mais c’est toujours les mêmes. Pourtant nous avions payé notre dette envers la France suffisamment. Une pauvre maman. »

Je ne sais pas si ces demandes auront pu être satisfaites.
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