top of page
PHOTO UNE-2.PNG

Blog en mémoire de mon grand-père requis du travail forcé en Allemagne nazie de mars 1943 à mai 1945

Le voyage à Eger, en passant par Nuremberg

Dernière mise à jour : 5 avr. 2024

Mon grand-père Jean est parti le 10 mars 1943, soit presque un mois après la loi du 16 février 1943 instituant le service du travail obligatoire. Il a pris le train à Dijon, dans l'un des trois convois partis ce jour-là pour l'Allemagne. Son voyage jusqu'à Eger a duré trois jours. Entassé avec d'autres dans des compartiments, il a changé 7 fois de train. Il est notamment passé par Nuremberg.


Fiche de recensement de mon grand-père : "Parti All. le 10 mars 1943" (Archives départementales de Côte-d'Or)

"Le voyage fut long puisque nous sommes dans les Sudètes. Nous étions neuf dans un compartiment jusqu’à Nuremberg. C’est une belle ville. Le Toni et le Laugerotte y auraient du drôle de coltin. Ensuite de Nuremberg à Eger, nous avons passé par Leipzig. Le jeudi [écrit par-dessus vendredi] nous avons traversé les montagnes où il y avait de la neige. Nous avons changé 7 fois de trains. Le soir, il y a eu des éclairs de chaleur, puis nous sommes arrivés à Eger à 2 heures du matin. Nous avons fait 3 kilomètres avec tout notre barda. Tu parles d’un sport en pleine nuit. Puis toute la journée on nous a traînés. Et le vendredi soir, nous sommes arrivés à l’usine à 7 heures." (première lettre adressée à ses parents le 14 mars 1943)


Ma curiosité a été piquée par l'évocation de Nuremberg, une "belle ville", où "le Toni et le Laugerotte y auraient du drôle de coltin", c'est-à-dire du travail. Dans d'autres lettres, mon grand-père mentionne "le Toni" précisant son patronyme "Cata", diminutif de Catarelli. Dans le recensement de Beaune de 1936, on retrouve plusieurs Catarelli, peintres en bâtiment. Dans le recensement de 1936,j'ai retrouvé également trace de deux dénommés Laugerotte : l'un, Philibert, est gardien de cimetière ; l'autre, Edmond, est jardinier.


J'ai tout d'abord cru que mon grand-père laissait entendre que Nuremberg avait été détruite par les bombardements avec de nombreuses victimes, un artisan en bâtiment et un gardien de cimetière y auraient eu fort affaire. Mais les bombardements alliés sur Nuremberg sont, semble-t-il, intervenus plus tard.


Sans doute faisait-il simplement référence au charme de la ville, avec ses bâtiments colorés et ses nombreux jardins.




Comments


bottom of page